Plan de trésorerie : préparer les douze prochains mois
Le plan de trésorerie enregistre vos encaissements et vos décaissements au mois du paiement, pas au mois de la facture. Sur douze mois, il montre quand le compte descend, de combien, et pendant combien de temps.
Ce que le plan enregistre
Chaque ligne est un mouvement d'argent, daté du mois où il est effectivement payé ou encaissé. Une facture émise en mars et réglée en mai se pose en mai. C'est ce décalage entre l'activité et les paiements qui creuse les trous de trésorerie, y compris quand l'exercice est rentable. Le plan ne cherche pas à mesurer un résultat, il cherche à savoir si le compte tient.
La structure sur douze mois
Une colonne par mois, sur un horizon de douze mois. Pour chaque mois : solde de début, total des encaissements, total des décaissements, solde de fin. Le solde de fin devient le solde de début du mois suivant, ce qui fait circuler l'effet d'un retard de paiement sur toute la suite de l'année. Détaillez les encaissements par nature (ventes, subventions, apports) et les décaissements par poste (achats, salaires, charges sociales, loyer, TVA à reverser, échéances d'emprunt).
TTC et flux de financement
Pour les flux soumis à TVA, retenez les montants TTC : c'est la somme qui transite réellement sur le compte. Le reversement de TVA se pose ensuite comme un décaissement à sa date. Les opérations de financement sont des flux au même titre que les autres : un apport en capital et un emprunt reçu s'inscrivent en encaissement, le remboursement du principal s'inscrit en décaissement, aux côtés des intérêts.
Un exemple chiffré, mois par mois
Prenons une TPE de services. Au 1er octobre, le solde bancaire est de 6 000 €. Les encaissements attendus sont de 9 500 € par mois, les décaissements courants de 8 700 € par mois. La TVA est trimestrielle : 3 300 € seront reversés en janvier.
Octobre : 6 000 + 9 500 − 8 700 = 6 800 €
Novembre : 6 800 + 9 500 − 8 700 = 7 600 €
Décembre, même calcul : 8 400 €
Janvier : 8 400 + 9 500 − 8 700 − 3 300 = 5 900 €
La TVA se pose au mois du reversement, pas au mois des ventes qui l'ont générée. Janvier perd donc 3 300 € d'un coup, alors que l'activité n'a pas bougé.
Quand un encaissement glisse
Reprenons le même plan. Une facture client de 4 000 € TTC était attendue en février, le règlement arrive en mars. Les encaissements de février tombent donc à 5 500 €.
Février : 5 900 + 5 500 − 8 700 = 2 700 €
Mars : 2 700 + 13 500 − 8 700 = 7 500 €
Février devient le point bas de l'année. Trois enseignements. Le chiffre d'affaires ne change pas, la trésorerie si : le décalage ne touche que la date d'encaissement. Le point bas fixe le coussin de sécurité à conserver sur le compte. Un seul décalage déplace le solde de tous les mois suivants, pas seulement celui du mois concerné. Testez vos propres hypothèses dans le tableau interactif, puis reprenez-les dans le modèle Excel à télécharger sur ce site.
Ce que vous en tirez
Un plan tenu à jour répond à trois questions concrètes : à quelle date le solde passe au plus bas, quel montant de découvert ou de financement court terme cela suppose, et quel décalage d'une dépense ou quelle accélération d'un encaissement suffirait à l'éviter. Notre tableau interactif et le fichier XLSX prévisionnel suivent cette logique, avec une ligne par mois en ligne et une colonne par mois dans Excel.
Source documentaire : consulter la source. Les fonctions décrites peuvent évoluer.